Logo de l'ordre
Illustration de l’article

Débouchés après des études d’architecture au Burkina Faso

04 Feb 2026 — Équipe de rédaction

  

Le marché du travail pour les architectes burkinabè reste en plein développement. D’après l’Ordre des Architectes, on compte environ 282 architectes inscrits en 2025, contre 119 il y a quinze ans. Si cette progression montre un secteur actif, le taux de chômage des jeunes diplômés reste élevé. L’Assemblée Nationale a souligné que « le chômage demeure un défi pour de nombreux architectes, alors que des acteurs non qualifiés causent d’importants préjudices en matière de construction »

Malgré ces défis, les diplômés en architecture disposent de plusieurs options professionnelles au Burkina : 

         Cabinets d’architecture et bureaux d’études privés


La majorité des architectes s’emploient dans le secteur privé. Ils intègrent des agences (parfois étrangères ou fondées par des Burkinabè de la diaspora) pour concevoir des maisons individuelles, immeubles, bâtiments publics ou projets urbains. Avec l’essor de la construction, de nombreux cabinets recherchent des architectes pour la conception, la modélisation 3D et la direction de projet. 

         Administration publique et collectivités


L’État, les communes et organismes publics emploient des architectes dans les services d’urbanisme et de planification. Ces postes concernent la révision de plans d’aménagement, la délivrance des permis de construire et la supervision de grands chantiers publics (écoles, hôpitaux, routes, etc.). Les agences gouvernementales et ministères en charge de la Construction et de l’Urbanisme recrutent occasionnellement des architectes pour leurs projets d’infrastructures. De même, des collectivités locales de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, etc., font appel à des architectes pour élaborer des schémas directeurs et encadrer les lotissements.

         Promotion immobilière


Certains architectes créent leur propre cabinet ou s’associent à des partenaires (géomètres, ingénieurs). Au-delà des activités classiques, ils peuvent lancer de petites sociétés de promotion immobilière ou de contractant général. L’entrepreneuriat en architecture permet d’élargir les débouchés, en offrant des services de design d’intérieur, d’aménagement paysager, ou même de solutions logicielles pour la construction. Cependant, démarrer une entreprise d’architecture implique des défis (investissement initial, crédit bancaire limité pour les jeunes, concurrence des constructeurs non qualifiés).

         Secteur international et ONG  


Quelques architectes s’engagent dans des organisations internationales (banques de développement, agences de l’ONU) ou des ONG travaillant dans l’habitat et l’aménagement durable.

         Enseignement et recherche 


Bien que moins courant, certains architectes se tournent vers l’enseignement (universités d’ingénieurs ou architecture) et la recherche (urbanisme, architecture écologique). Avec la création prochaine de l’école nationale d’architecture, l’enseignement supérieur pourrait devenir un débouché notable.

En somme, malgré une concurrence croissante, les débouchés restent diversifiés. Les bureaux de maîtrise d’œuvre restent la voie la plus traditionnelle, l’administration publique offre une stabilité, et l’ouverture économique récente encourage l’innovation (ex. projets privés haut de gamme ou développement touristique). Néanmoins, beaucoup d’architectes insistent sur le besoin de renforcer la profession : ils plaident pour un encadrement strict (inscription obligatoire à l’OAB) afin d’éliminer la concurrence déloyale d’opérateurs non qualifiés, et pour la formation d’une nouvelle génération mieux préparée aux défis locaux.