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Le rôle de l’architecte dans la gestion du chantier : assurer la qualité, la cohérence et la sécurité

04 Feb 2026 — Équipe de rédaction

 

Si l’architecte est reconnu pour sa capacité à concevoir et imaginer des espaces tant fonctionnels que techniques, son rôle dans la gestion du chantier est tout aussi fondamental. Une construction ne réussit vraiment que si elle est correctement suivie et si l’intention architecturale est respectée jusqu’à la dernière pierre.

Au Burkina Faso, la loi n°006-2025/ALT confirme cette responsabilité en faisant de l’architecte un acteur indispensable du contrôle technique et qualitatif des projets. 

La gestion du chantier commence avant même que le premier coup de pioche ne soit donné. L’architecte s’assure que les plans d’exécution sont complets, que les détails techniques sont maîtrisés et que les entreprises comprennent parfaitement leurs missions. Il organise des réunions préparatoires, examine les contraintes liées au site, anticipe les conditions climatiques et fixe un calendrier cohérent avec les objectifs du projet. Cette phase préparatoire crée les conditions nécessaires à un chantier ordonné et maîtrisé. 

Une fois les travaux lancés, l’architecte joue un rôle de coordination générale avec tous les acteurs qui est essentiel. Les intervenants sont nombreux : ingénieurs spécialisés, maçons, plombiers, électriciens, fournisseurs de matériaux, etc. Chacun agit sur une tâche ou mission précise et doit respecter les exigences du projet. L’architecte veille à l’harmonie d’ensemble, à la logique du séquencement, à la compatibilité entre les opérations techniques et à la bonne compréhension du programme par toutes les équipes. Sans cette coordination, les erreurs se multiplient, les retards s’accumulent et les coûts dérivent.

Le contrôle de qualité constitue une autre dimension majeure de la mission. L’architecte observe l’exécution des travaux, vérifie la conformité des matériaux, et des brevets, s’assure de la fiabilité des méthodes utilisées et documente chaque visite par des rapports. Cette vigilance permanente permet d’éviter les malfaçons, qui sont souvent coûteuses à corriger après coup. L’architecte protège ainsi le maître d’ouvrage, mais également les futurs occupants, en garantissant la robustesse et la sécurité de l’ouvrage. 

Le chantier reste un terrain d’imprévus. Une pénurie de matériaux, une variation climatique, un défaut découvert tardivement, une erreur d’exécution : autant de situations qui nécessitent une adaptation rapide. L’architecte analyse, propose, arbitre et ajuste, tout en préservant la cohérence du projet. Sa réactivité et sa maîtrise technique permettent de maintenir le chantier dans la bonne direction sans sacrifier la qualité ni enlever la responsabilité des autres acteurs.

Le respect des normes et de la réglementation accompagne chaque étape du chantier. L’architecte veille à ce que les travaux obéissent aux exigences légales, tant en matière de sécurité que de performance. Il encadre également les aspects administratifs et financiers, en validant notamment les situations de travaux et en s’assurant que les dépenses correspondent à l’avancement réel. Cette gestion contribue à la transparence du projet et à la protection du maître d’ouvrage. 

La phase finale de la gestion du chantier est la réception des travaux. Elle constitue un moment capital où l’architecte vérifie la conformité de l’ouvrage, identifie les éventuelles imperfections, s’assure de leur correction et valide la remise des documents techniques. C’est également à ce moment que l’ouvrage passe officiellement entre les mains du maître d’ouvrage. Ainsi, la gestion du chantier par l’architecte n’est pas un simple suivi administratif. C’est un travail exigeant, technique et stratégique qui garantit la réussite du projet. L’architecte devient le gardien de la qualité, le protecteur de l’investissement du maître d’ouvrage et le garant de la sécurité de la construction.