Construire en milieu urbain au Burkina Faso nécessite une compréhension rigoureuse des règles qui encadrent l’aménagement des villes. La croissance rapide de centres comme Ouagadougou, Bobo-Dioulasso ou Fada N’Gourma impose une organisation urbaine claire pour éviter l’anarchie, protéger les espaces publics et garantir la sécurité. La nouvelle loi n°006-2025/ALT renforce ce cadre en affirmant l’importance du rôle de l’architecte dans le respect des normes et de la réglementation.
La première dimension de cette réglementation concerne les plans d’urbanisme.
Les communes définissent, pour chaque quartier, les zones habitables, commerciales, industrielles ou réservées à des équipements publics. Elles précisent la destination des terrains, les hauteurs autorisées, les distances entre les constructions et les limites de propriété, ainsi que la densité admissible. Toute construction doit s’intégrer dans cette logique pour éviter les conflits, les surcharges d’infrastructures ou les risques environnementaux. La compréhension de ces documents est essentielle pour planifier convenablement un projet.
Le permis de construire constitue une autre étape incontournable.
Il permet à l’administration de vérifier que le projet respecte les exigences techniques et urbaines. Dans la majorité des cas, seuls les plans signés par un architecte inscrit au Tableau de l’Ordre sont acceptés, ce qui garantit la qualité des projets soumis. Ce processus protège la ville contre les constructions dangereuses ou incohérentes et évite les litiges futurs.
Les normes techniques complètent ce dispositif. Elles couvrent la stabilité des structures, la sécurité incendie, la ventilation, la gestion des eaux usées, la protection contre les inondations et l’efficacité énergétique. Dans un contexte sahélien, elles orientent également vers des choix adaptés aux fortes chaleurs et aux variations climatiques. Un projet urbain ne peut être viable que s’il respecte ces principes fondamentaux.
L’accessibilité et la sécurité publique jouent également un rôle essentiel. Les bâtiments recevant du public doivent offrir des accès appropriés pour les personnes à mobilité réduite et intégrer des dispositifs de sécurité facilitant l’évacuation en cas de danger. Ces normes permettent de construire des équipements réellement inclusifs et sûrs. La gestion environnementale s’impose désormais comme une exigence centrale.
Les projets urbains doivent anticiper la gestion des déchets, prévoir des systèmes d’assainissement fiables, protéger les espaces verts et réduire l’impact écologique de la construction. Le développement durable devient une composante fondamentale de l’urbanisme contemporain.
Dans ce cadre très structuré, l’architecte joue un rôle de premier plan. Il interprète les textes, éclaire le maître d’ouvrage, prépare les dossiers administratifs, conçoit des projets conformes et veille, durant le chantier, au respect des normes. Sa présence contribue à limiter les constructions irrégulières, à protéger l’espace public et à soutenir la modernisation du pays.
Les villes burkinabè évoluent rapidement. Pour qu’elles restent vivables, organisées et résilientes, la réglementation urbaine doit être respectée, et les professionnels qualifiés doivent être au centre de ce processus. L’architecte apparaît ainsi comme le garant de l’équilibre entre développement urbain, qualité de vie et sécurité collective.